Amical Brésil x Maroc en 2023 Reuters Le Brésil et le Maroc s'affrontent ce samedi (13) en Coupe du monde, mais le lien entre les deux pays dépasse largement les quatre lignes de terrain. Bien que les langues officielles du Maroc soient l’arabe – dans la variante dite darija – et l’amazighe, certains mots présents dans la vie quotidienne des Brésiliens font également partie de la culture marocaine ou ont une origine commune. Ce sont des traces de siècles d’échanges culturels, commerciaux et historiques qui ont traversé les continents. Il en résulte une curiosité linguistique : même s'ils parlent des langues différentes, Brésiliens et Marocains partagent des mots, des plats et même des noms de lieux. Maintenant sur g1 Couscous : un plat, deux versions S’il y a un mot capable de rapprocher le Brésil et le Maroc autour de la table, c’est bien « couscous ». Au Brésil, notamment dans le Nord-Est, le plat est généralement préparé avec de la farine de maïs et servi au petit-déjeuner ou au goûter. Au Maroc, le couscous est l'un des symboles de la cuisine nationale, à base de semoule de blé et accompagné de légumes, de viande et d'épices. Malgré les différences dans la recette, le nom a la même origine. Le mot dérive de l'arabe kuskus et a traversé les siècles avant d'arriver au portugais. Couscous marocain Eulâmpio Vianna Neto En commun : le nom du plat ; l'origine liée au monde arabe ; une forte présence dans la culture alimentaire des deux pays. Ce qui change : au Brésil, la farine de maïs prédomine ; au Maroc, la base est la semoule de blé ; les plats d'accompagnement et les assaisonnements sont également différents. Mots arabes arrivés au portugais L’influence arabe sur le portugais est bien plus grande que beaucoup de gens l’imaginent. Au cours des siècles pendant lesquels les musulmans ont occupé certaines parties de la péninsule ibérique, des centaines de mots ont été incorporés dans la langue. Beaucoup d’entre eux restent utilisés aujourd’hui et font également partie de l’univers culturel des pays arabes, comme le Maroc. Parmi les exemples les plus connus figurent les termes liés à l’alimentation, au commerce et à la vie quotidienne. Certains mots souvent associés à cet héritage linguistique comprennent : sucre (as-sukkar); huile d'olive (az-zait); riz (ar-ruzz); café (qahwa); coussin (al-mukhadda); douanes (al-fundaq) ; untel (untel); entrepôt (al-makhzan) ; tuile (az-zulayj). Ces mots montrent comment la langue portugaise a été façonnée par différentes influences historiques et culturelles au fil des siècles. "Mazagão" des deux côtés de l'Atlantique La connexion entre le Brésil et le Maroc apparaît également sur les cartes. À Amapá se trouve la municipalité de Mazagão, fondée au XVIIIe siècle. Au Maroc, le nom fait référence à l'ancienne ville de Mazagão, faisant aujourd'hui partie de la région d'El Jadida, qui fut occupée par les Portugais lors d'une partie de l'expansion maritime. La coïncidence n'est pas fortuite. Lorsque les Portugais quittèrent la forteresse marocaine, une partie des habitants fut transférée vers l'Amazonie, donnant naissance à ce qu'on appelle la Nova Mazagão.