STF devrait juger ce mercredi les appels des grandes techs à l'action qui élargissent les responsabilités des plateformes
⚡ Résumé rapide
À partir de ce mercredi (4), le Tribunal fédéral (STF) devrait juger 12 recours présentés par de grandes technologies et entités du secteur technologique qui demandent des éclaircissements et des ajustements à la décision qui a accru la responsabilité des plateformes pour les contenus qu'elles publient.
À partir de ce mercredi (4), le Tribunal fédéral (STF) devrait juger 12 recours présentés par de grandes technologies et entités du secteur technologique qui demandent des éclaircissements et des ajustements à la décision qui a accru la responsabilité des plateformes pour les contenus qu'elles publient.
L'une des principales questions posées est de savoir quand appliquer l'accord adopté par la Cour suprême, car les entreprises demandent que les règles ne deviennent valides qu'une fois toutes les chances de recours devant les tribunaux épuisées.
En juin de l'année dernière, par 8 voix contre 3, le STF a déclaré l'inconstitutionnalité partielle de l'article 19 du Marco Civil da Internet. La plénière a analysé deux appels qui discutaient de la validité de cet article de la norme.
L'article précise que "le fournisseur d'applications Internet ne peut être tenu civilement responsable des dommages résultant de contenus générés par des tiers" que si, après une décision de justice, il "ne prend pas de mesures" pour supprimer le contenu.
La majorité de la Cour suprême a établi comme règle générale que les plateformes numériques sont responsables du contenu publié par l'utilisateur et doivent être tenues pour responsables si elles ne suppriment pas de leurs ondes les publications illicites ou criminelles.
La décision STF
Les ministres de la Cour suprême ont décidé que l'article 19 "n'offre pas une protection suffisante" aux droits fondamentaux et doit donc être interprété de manière à engager la responsabilité civile des prestataires.
En pratique, lorsqu'une publication constitue un délit ou un acte illégal, la victime ou son représentant peut contacter directement la plateforme et demander sa suppression. Si, après cette notification, le réseau ne supprime pas la publication, il sera responsable de tout dommage causé par la publication. Si le tribunal estime que le message était irrégulier, le réseau devra indemniser la victime.
En cas de crimes contre l’honneur – injure, calomnie et diffamation – le retrait dépend d’une décision de justice. Dans ces situations, il existe la possibilité de suppression par notification extrajudiciaire, c'est-à-dire notification directe à la plateforme par la victime ou l'avocat, en cas de publication répétée d'un contenu déjà considéré comme illégal par les tribunaux.
Les entreprises répondront des contenus illégaux diffusés via des publicités payantes et des boosts ainsi que de la diffusion de ces contenus par des robots.
La Cour suprême a également établi que les entreprises doivent avoir un devoir de diligence à l'égard des contenus publiés. Cela signifie qu’ils devront immédiatement supprimer eux-mêmes les contenus contenant des délits considérés comme graves.
Caractéristiques
Les ministres doivent commencer à juger les soi-disant embargos pour clarification qui demandent des éclaircissements sur l'obscurité, l'inexactitude, la contradiction ou l'omission dans la décision.
On s’attend à ce que le jugement n’engendre pas de changements majeurs par rapport à la thèse déjà établie. Le président du STF, Edson Fachin, a déclaré que l'idée est de « commencer et terminer » cette semaine.
Parmi les ressources figurent des questions de Facebook, Google, Sleeping Giants Brasil et l'Institut brésilien pour la protection des consommateurs.
➡️Facebook demande à la Cour suprême de préciser que la décision ne prendra effet que pour les événements survenus après la fin du procès devant la Cour et que les entreprises disposent d'un délai de six mois pour mettre en œuvre toutes leurs obligations.
Une autre demande est que les ministres clarifient le concept de présomption de responsabilité des entreprises. En effet, selon l'entreprise, l'utilisation de l'expression "présomption de responsabilité" "pourrait conduire à l'interprétation que la responsabilité civile des fournisseurs d'applications internet ne dépendrait pas de la vérification des exigences de faute, de dommage et de lien de causalité".
➡️Google souligne déjà que les exigences minimales que doivent présenter les notifications de suppression extrajudiciaire pour garantir leur crédibilité, leur analyse et les mesures prises par le fournisseur, telles que la légitimité du demandeur et la description de l'infraction présumée, ne sont pas claires. L'entreprise affirme qu'il est nécessaire de préciser que la thèse de la Cour ne s'applique qu'aux affaires futures, afin d'éviter des conclusions disparates devant les juridictions inférieures et la multiplication des appels.
➡️Sleeping Giants Brasil soutient qu'il est nécessaire de clarifier les paramètres objectifs qui définissent « l'action diligente », la « rapidité » et le concept de « réseau de distribution artificiel » pour définir la responsabilité des plateformes numériques. Et quel est le devoir de l'Exécutif dans la mise en œuvre, la réglementation et le suivi de la décision de la Cour, en plus de la manière dont la décision sera appliquée aux processus en cours au sein de la Justice.
➡️L'Association Internetlab pour la recherche en droit et technologie a déclaré que les plateformes doivent comprendre comment elles peuvent démontrer l'adoption de mesures appropriées pour se conformer au devoir de diligence.
➡️L'Association brésilienne du journalisme d'investigation (Abraji) soutient qu'il y a un manque de définition des types de prestataires soumis aux nouvelles règles, car la thèse ne mentionne que certaines catégories de plateformes, en plus de l'absence de référence aux micro-entreprises, aux petites entreprises et aux plateformes de moins de 10 millions d'utilisateurs. Elle s’interroge également sur le manque de définition de ce que les plateformes d’information peuvent exiger de ceux qui demandent la suppression d’un contenu et qui est habilité à effectuer ces notifications.
➡️L'Institut brésilien de protection des consommateurs affirme que la compréhension de la Cour suprême n'empêche pas l'application du régime de responsabilité objective du Code de protection des consommateurs aux relations de consommation établies dans le cadre des marchés.
La décision du STF devra être suivie par tous les juges et tribunaux du Brésil. Cela sera valable jusqu'à ce que le Congrès national adopte une loi spécifique sur les devoirs des plateformes et la protection des personnes.
Décrets
Découvrez ce qui change avec les nouvelles règles d'exploitation des plateformes numériques au Brésil
Après la décision du STF, en mai, le gouvernement du président Luiz Inácio Lula da Silva (PT) a publié deux décrets qui créent de nouvelles règles pour le fonctionnement des réseaux sociaux.
Le premier détaille les devoirs des fournisseurs en matière de modération des contenus, de transparence, de sécurité des services et d'atténuation de la circulation massive de contenus criminels.
L’autre établit des lignes directrices pour lutter contre les violences à l’égard des femmes dans l’environnement numérique, avec l’obligation de rendre indisponibles les contenus intimes non autorisés dans les deux heures suivant la notification et des mesures contre les deepfakes intimes générés par l’IA.
Il a également été décidé qu'il appartiendrait à l'Agence nationale de protection des données, liée au ministère de la Justice, de contrôler si les plateformes respectaient les règles imposées par la Cour.
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