Choix climatiques
⚡ Résumé rapide
Le PAKISTAN n’a plus de raisons de considérer le changement climatique comme le problème de demain.
Le PAKISTAN n’a plus de raisons de considérer le changement climatique comme le problème de demain. L'étude économique 2025-26 rapporte que le pays a enregistré en 2025 sa deuxième année la plus chaude en 65 ans, immédiatement après avoir connu son année la plus chaude jamais enregistrée en 2024. Les températures dans l'Azad Cachemire, le Gilgit-Baltistan et le KP ont atteint leurs niveaux annuels les plus élevés depuis des décennies.
Cette hausse des températures accélère la fonte des glaciers, modifie le comportement de la mousson et augmente la variabilité des précipitations. Le pays est confronté à des conditions météorologiques de plus en plus volatiles, avec des conséquences sur l’agriculture, les infrastructures, la santé publique et la planification économique.
Le budget reflète une reconnaissance croissante de ces réalités. Les dépenses liées au climat pour 2026-2027 s’élèvent à environ 214 milliards de roupies, tandis que les subventions vertes totalisent environ 476 milliards de roupies. Ensemble, ils représentent près de 690 milliards de roupies consacrés aux objectifs liés au climat. Le gouvernement a également présenté des initiatives telles que le Plan de prospérité climatique du Pakistan, des projets de résilience des glaciers et des efforts visant à améliorer le financement climatique. Pourtant, la politique climatique ne peut être jugée uniquement à l’aune de l’ampleur des allocations budgétaires.
Les risques les plus pressants au Pakistan proviennent des inondations, des vagues de chaleur, du stress hydrique et des perturbations agricoles. Pour y remédier, il faut investir de manière soutenue dans la résilience plutôt que dans des réponses épisodiques après une catastrophe. La politique climatique ne se mesure pas par le nombre de plans annoncés, mais par le niveau de vulnérabilité auquel les communautés seront exposées lors du prochain événement météorologique extrême.
Néanmoins, des questions difficiles demeurent. L’étude économique estime que le Pakistan aura besoin d’investissements liés au climat d’environ 565,7 milliards de dollars d’ici 2035. Par rapport à ce point de référence, les allocations actuelles semblent modestes. Le problème n’est pas que les dépenses climatiques soient absentes du budget ; il s’agit de savoir si l’ampleur des dépenses correspond à l’ampleur du défi décrit dans les propres documents du gouvernement. Un pays qui connaît des années consécutives de chaleur record devra peut-être consacrer une part plus importante de ses ressources publiques à la résilience climatique. Cela est particulièrement vrai lorsque les coûts d’une action retardée risquent de dépasser ceux de la prévention et de la préparation.
La composition des dépenses mérite également un examen minutieux. Une grande partie de l’allocation des subventions vertes est concentrée sur des mesures d’atténuation liées à l’énergie. S’il est important de réduire les émissions, les vulnérabilités immédiates résident dans l’adaptation. De meilleures défenses contre les inondations, des systèmes de drainage urbain plus solides, une meilleure gestion de l’eau, une agriculture résiliente au climat et des systèmes d’alerte précoce plus efficaces détermineront la capacité du Pakistan à naviguer dans un avenir plus chaud.
Il s’agit d’investissements qui non seulement réduisent les pertes dues aux chocs climatiques, mais protègent également l’activité économique et le bien-être public. Le budget montre que les considérations climatiques commencent à trouver leur place dans la planification financière. C'est bienvenu. Mais deux années consécutives de chaleur record suggèrent que la prise de conscience à elle seule ne suffit pas. La question centrale est de savoir si nous investissons suffisamment, et dans les bons domaines, pour empêcher les chocs climatiques de devenir un fardeau encore plus lourd pour le développement.
Publié dans Dawn, le 15 juin 2026
← Retour