Trois autres terroristes ont été tués alors que les forces de sécurité et les forces de l'ordre continuent de mener conjointement l'opération Shaban au Baloutchistan, ont rapporté mercredi les médias d'État citant des sources de sécurité. Selon la télévision publique pakistanaise, les dernières victimes portent à 88 le nombre total de terroristes tués au cours de l'opération. Il a en outre indiqué que 126 terroristes avaient été tués lors de l'opération Shaban et d'autres opérations de renseignement dans la province depuis le 5 juillet. L'opération Shaban a été lancée en représailles à une attaque meurtrière contre un poste de police à la station de pompage du barrage de Mangi à Ziarat. Au cours de cette attaque, des assaillants armés ont kidnappé et tué 27 policiers. Des troupes de l'armée, du Frontier Corps et de la police participent à l'opération conjointe. Les dernières mises à jour rapportées par la télévision pakistanaise indiquent que les forces de sécurité ont intensifié leurs opérations aériennes et terrestres dans le cadre du ratissage en cours. Le Baloutchistan est confronté au terrorisme depuis longtemps, avec une évaluation mensuelle de la sécurité publiée par l'Institut pakistanais d'études sur les conflits et la sécurité (PICSS) indiquant qu'après deux mois consécutifs d'amélioration, la situation sécuritaire du Pakistan s'est fortement détériorée en mai, principalement en raison de l'escalade de la violence terroriste au Khyber Pakhtunkhwa et au Baloutchistan. Le rapport indique que le Baloutchistan est devenu la province la plus touchée au cours du mois. La province a enregistré 71 attaques terroristes, contre 34 en avril, soit une augmentation de 109 %. La détérioration de la situation sécuritaire s'est également traduite par une recrudescence des enlèvements, selon le communiqué. Sur les 54 enlèvements signalés dans tout le pays au cours du mois de mai, 52 ont eu lieu au Baloutchistan seulement, ce qui met en évidence la portée opérationnelle et la confiance croissantes des groupes terroristes dans la province, selon le communiqué. La semaine dernière, le Premier ministre Shehbaz Sharif a déclaré que les dirigeants civils et militaires du pays avaient pris une « décision mutuelle et unique » de mettre fin au terrorisme après plusieurs incidents terroristes majeurs au Baloutchistan. Il a fait ces remarques lors d'une réunion à Quetta du Comité suprême provincial sur le plan d'action national, en présence également du chef des forces de défense (CDF) et du chef d'état-major de l'armée, le maréchal Asim Munir. Présidant la réunion, le Premier ministre Shehbaz a déclaré : « Une chose est décidée : c'est une décision mutuelle et unique des dirigeants civils et militaires que nous devons mettre fin au terrorisme collectivement. » La déclaration du Premier ministre Shehbaz est intervenue un jour après que le directeur général des relations publiques inter-services militaires (ISPR), le lieutenant-général Ahmed Sharif Chaudhry, ait pris la parole lors d'une conférence de presse, pointant carrément du doigt l'Inde et l'Afghanistan pour être à l'origine des récentes attaques au Baloutchistan. Il a spécifiquement évoqué « trois incidents terroristes majeurs » survenus ces derniers jours : une attaque armée dans la banlieue de Quetta le 5 juillet, une attaque contre un poste de police à Ziarat le 6 juillet et une embuscade contre un convoi militaire à Bela le 7 juillet. Sit-in à Ziarat Mardi, un sit-in contre l'assassinat de policiers lors de l'attaque du barrage de Mangi est entré dans son sixième jour, les corps de sept policiers tués n'étant toujours pas enterrés. Les négociations entre le gouvernement et les représentants des manifestants et des partis politiques se sont également poursuivies, mais aucun consensus n'a été atteint. Le ministre provincial de l'Intérieur, Ziaullah Langove, qui dirige le côté gouvernemental dans les pourparlers, a appelé les familles des policiers martyrs à enterrer leurs proches, affirmant que le gouvernement avait accepté la plupart de leurs demandes, y compris la constitution d'une commission judiciaire chargée de mener une enquête sur le carnage. Un grand nombre de proches des policiers tués, de dirigeants politiques, de représentants de la société civile et de résidents locaux ont participé à la manifestation, exigeant justice et une action ferme contre les terroristes.