Le conseiller spécial de la Présidence de la République, l'ambassadeur Celso Amorim, a défendu, ce mardi (16), que l'Intelligence Artificielle (IA) manipulée par un groupe restreint d'entreprises, basées dans quelques pays, a le potentiel d'approfondir les inégalités dans le monde et de saper les systèmes démocratiques. "C'est le cas des grandes entreprises technologiques qui refusent tout type de régulation. Aujourd'hui, nous voyons comment certaines sociétés d'intelligence artificielle dominent des secteurs entiers, y compris dans les pays développés."   Actualités connexes : STF donne 60 jours aux big techs pour se conformer aux règles définies par la Cour. Le décret détermine que les grandes technologies doivent empêcher les contenus criminels. Lula met en garde contre le risque des paris et des grandes technologies pour les familles et la démocratie. Selon lui, face à la puissance des big tech, les États ne peuvent pas renoncer à leur capacité légitime de régulation, « issue du vote populaire ». La menace que représentent les grandes technologies pour les démocraties est un sujet de débat partout dans le monde, en raison, entre autres raisons, de la capacité des réseaux sociaux à orienter le débat public, à diffuser massivement de fausses nouvelles et à avoir un impact sur le marché du travail. Amorim participe, au Portugal, à la Forte International Security Conference, qui rassemble des autorités et des experts de l'Union européenne et d'Amérique du Sud. La réunion est promue par la Fondation Konrad Adenauer au Brésil en coopération avec le Centre brésilien des relations internationales (CEBRI) et la délégation de l'Union européenne. >> Suivez la chaîne Agência Brasil sur WhatsApp Données et souveraineté Conseiller spécial pour le domaine international de la présidence, Celso Amorim a également rappelé que les « cyberattaques » sont de plus en plus fréquentes et qu'il est donc nécessaire d'investir dans la cyber-résilience comme condition de la souveraineté nationale au XXIe siècle. "Sans protection numérique, il n'y a pas d'autonomie décisionnelle ni de confiance institutionnelle. Les données sont devenues un atout économique, politique et militaire. Elles alimentent les modèles d'intelligence artificielle, orientent les décisions stratégiques et permettent une surveillance à grande échelle." Amorim a ajouté qu'un pays comme le Brésil doit être « pleinement conscient » de l'importance et des implications des données dans l'économie numérique et a défendu, par exemple, la protection des données de la banque Unified Health System (SUS). Régulation des grandes technologies L'ambassadeur Amorim a défendu la régulation des plateformes numériques pour réaliser un développement technologique visant les « biens communs », tels que la réduction de la pauvreté, la protection de l'environnement et la garantie des droits de l'homme. « Vivre dans un monde où il y a des billions alors que 673 millions de personnes souffrent de la faim n’est tout simplement pas acceptable. » L'IA comme arme de guerre Le conseiller présidentiel a également mis en garde contre le risque d’utiliser cette technologie dans les guerres en cours.  "Le développement des armes autonomes est l'un des exemples les plus éloquents du dilemme moral auquel nous sommes confrontés. L'usage de la force meurtrière devient de plus en plus impersonnel, sans risque imminent pour l'opérateur. Le sentiment de culpabilité face à la mort et à la destruction disparaît." Pour l’ambassadeur, l’utilisation de l’IA en temps de guerre devrait être une source de grande inquiétude dans le contexte géopolitique actuel, « dans lequel la contrainte sur l’usage de la force n’existe plus ». Citant l’utilisation des technologies dans les guerres au Moyen-Orient, il a ajouté que le Brésil doit « investir dans la défense » pour « garantir notre capacité de dissuasion ».