BEYROUTH : Une frappe israélienne contre un véhicule militaire dans le sud du Liban a tué trois soldats, a annoncé samedi l'armée libanaise, révélant l'agression continue d'Israël quelques jours seulement après que les deux pays ont discuté d'une trêve conditionnelle lors des pourparlers aux États-Unis. Israël a lancé une invasion au Liban, affirmant qu’il cherche à éliminer le Hezbollah, qui s’est engagé dans la guerre au Moyen-Orient en lançant des missiles en représailles contre les forces israéliennes en réponse aux frappes américano-israéliennes qui ont tué le guide suprême de l’Iran. Pendant ce temps, le Liban a promis de désarmer le Hezbollah au fil du temps, mais a également dénoncé l’invasion israélienne, l’accusant d’employer la tactique de la terre brûlée pour chasser les civils des villes et villages du sud. Lors du dernier incident, l'armée libanaise a déclaré que deux officiers et un soldat avaient été tués lors d'une frappe contre un véhicule militaire sur la route entre Khardali et Nabatieh. Téhéran rejette les affirmations selon lesquelles il utilise le Liban comme « monnaie d’échange » et exhorte Beyrouth à se concentrer sur son « véritable ennemi » Le Hezbollah a qualifié l’attaque de « crime odieux ». Il a critiqué le gouvernement libanais pour avoir exposé son propre pays à de nouvelles effusions de sang en « se soumettant complètement aux exigences de l’ennemi à Washington ». Une trêve conditionnelle annoncée cette semaine à Washington oblige le Hezbollah à cesser ses tirs et à se retirer près de la frontière israélienne, et verrait l’armée libanaise se déployer dans de nouvelles « zones pilotes » dans la région, où elle exercerait un contrôle exclusif. Mais le Hezbollah a rejeté l'accord, exigeant le retrait des troupes israéliennes. L’armée libanaise a déclaré que « la poursuite de l’agression israélienne brutale, délibérée et répétée… vise à contrecarrer tous les efforts visant à parvenir à une solution ». Le président libanais Joseph Aoun a également dénoncé la dernière attaque, la qualifiant de « violation flagrante de la souveraineté libanaise… malgré les efforts du Liban dans les négociations à Washington pour mettre fin à l’agression israélienne continue et incontrôlée ». Samedi, Israël a renouvelé les ordres d’évacuation pour cinq villages du sud et de l’est du Liban, ordonnant aux habitants de se déplacer au nord de la rivière Zahrani. Son armée a mené plusieurs frappes dans le sud du Liban, selon les médias officiels libanais. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a rejeté samedi les remarques d’Aoun selon lesquelles le Liban était une monnaie d’échange pour Téhéran. "Si le Liban avait été une monnaie d'échange pour l'Iran, nous aurions trouvé un accord depuis longtemps", a posté Araghchi sur X. "D'après les commentaires de M. Aoun, on pourrait penser que c'est l'Iran qui a occupé 1/5 du Liban, déplacé 1/4 des Libanais et bombardé son pays quotidiennement... Sauvez le Liban de votre véritable ennemi, Monsieur le Président", a ajouté Araghchi. Publié dans Dawn, le 7 juin 2026